Des physiciens confirment un point critique longtemps recherché dans l’eau surfondue

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Depuis plus d’un siècle, les scientifiques débattent du comportement unique de l’eau, notamment de ses propriétés inhabituelles à basse température. Aujourd’hui, une équipe de l’Université de Stockholm a fourni la première preuve expérimentale d’un point critique longtemps supposé dans l’eau surfondue – un état dans lequel le liquide fluctue entre deux arrangements moléculaires distincts avant de geler. Cette découverte, publiée dans Science le 26 mars, pourrait remodeler notre compréhension du rôle de l’eau dans tous les domaines, du climat à la biologie.

La quête de l’état caché de l’eau

L’eau n’est pas comme la plupart des substances. À basse température et à haute pression, il peut exister sous forme de deux phases liquides distinctes, chacune liant les molécules différemment. À mesure que la température augmente et que la pression diminue, ces phases se confondent, créant un état supercritique instable. Cette instabilité se manifeste par des fluctuations sauvages – l’eau semble « indécise » entre ses formes liquides.

Les chercheurs ont utilisé des lasers à rayons X ultrarapides pour sonder l’eau surfondue avant qu’elle ne cristallise, observant finalement cette transition. La clé : imaginer le liquide avant qu’il ne gèle, ce qui était auparavant impossible. Le point critique a été identifié à environ -63°C (-81°F) et 1 000 atmosphères.

Pourquoi c’est important

Le comportement bizarre de l’eau intrigue les physiciens depuis des décennies. Cette découverte ne confirme pas seulement une prédiction théorique ; cela explique pourquoi l’eau se comporte si différemment des autres liquides. Le point critique est une région d’instabilité extrême, provoquant des fluctuations qui s’étendent jusqu’aux conditions normales.

“L’eau oscille entre les deux états liquides et les mélanges des deux comme si elle n’arrivait pas à se décider. Ce sont ces fluctuations qui confèrent à l’eau ses propriétés inhabituelles.”
— Professeur Anders Nilsson, Université de Stockholm.

L’étude a également révélé que le système ralentit à mesure qu’il s’approche du point critique, se piégeant presque dans un état instable – un phénomène décrit par un chercheur comme étant « comme un trou noir ».

Implications pour la vie et le climat

Le fait que l’eau soit le seul liquide supercritique dans des conditions où la vie existe n’échappe pas aux chercheurs. Est-ce une coïncidence ou cela fait-il allusion à quelque chose de plus profond ? Les résultats ont des implications pour la compréhension des systèmes biologiques, des processus géologiques et de la dynamique climatique.

“La prochaine étape consiste à déterminer les implications de ces découvertes sur l’importance de l’eau dans les processus physiques, chimiques, biologiques, géologiques et climatiques. Un grand défi pour les prochaines années”, déclare le professeur Nilsson. Cette recherche constitue une base pour des recherches plus approfondies sur la façon dont les propriétés uniques de l’eau façonnent le monde qui nous entoure.

La percée de l’équipe a été rendue possible par le développement de la technologie laser à rayons X, qui leur a permis d’observer l’eau dans des conditions extrêmes sans qu’elle gèle. Cela confirme que le point critique est réel et offre un nouveau cadre pour comprendre la physique de l’eau.