Un homme a été mordu intentionnellement plus de 200 fois pour faire avancer le traitement contre les morsures de serpent

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Un homme s’est délibérément soumis à plus de 200 morsures de serpent venimeux dans le cadre d’un effort continu et autofinancé visant à améliorer le traitement des envenimations par morsures de serpent, une crise sanitaire mondiale qui tue des dizaines de milliers de personnes et en mutile des centaines de milliers chaque année. Son approche non conventionnelle met en évidence des lacunes critiques dans la production actuelle d’antivenins et le potentiel d’une immunité personnalisée.

Le problème avec l’antivenin actuel

Les morsures de serpent constituent un problème important dans de nombreuses régions du monde, avec environ 5 millions de morsures chaque année, entraînant 138 000 décès et plus de 400 000 complications graves. Les antivenins actuels, bien que salvateurs, reposent sur l’injection de venin aux chevaux et la récolte des anticorps qui en résultent. Ce processus comporte des risques de choc anaphylactique en raison des protéines équines étrangères impliquées. La production d’antivenins est également limitée géographiquement, ce qui signifie qu’un traitement efficace dans une région peut échouer dans une autre, car la composition du venin varie.

L’auto-expérimentation

À partir de 2001, l’homme a initié une série d’injections contrôlées de venin, en commençant à des concentrations extrêmement diluées pour renforcer la tolérance. Il a progressivement augmenté les doses, finissant par subir des morsures complètes d’espèces très venimeuses comme les cobras, les taipans et les vipères. Sa première expérience presque fatale – une morsure de cobra menant à un coma de quatre jours – a solidifié son engagement. Il a appris par essais et erreurs, car il n’existe aucun protocole établi pour ce type d’auto-expérimentation.

Validation scientifique

En 25 ans, il a été étudié six fois. Sa réponse physiologique unique au venin a attiré l’attention de chercheurs, notamment Jacob Glanville de Centivax, qui a extrait l’ADN de ses cellules B pour cloner des anticorps IgG. Des études chez la souris ont montré que ces anticorps peuvent neutraliser même les venins auxquels il n’a jamais été exposé, comme celui du cobra royal.

La percée : les anticorps à large spectre

La recherche a abouti à un article publié dans Cell Press l’année dernière, bien que son nom reste hors de la liste des auteurs en raison de la nature non conventionnelle de l’étude. Les résultats suggèrent la possibilité d’un « antivenin universel » dérivé d’anticorps humains, offrant une alternative plus sûre et potentiellement plus efficace aux traitements dérivés du cheval. Le dévouement de cet homme souligne que, même si ses méthodes sont extrêmes, elles répondent à un besoin critique d’innovation dans la recherche sur les venins.

Le chemin vers un antivenin de qualité humaine reste long, mais les premiers résultats offrent une lueur d’espoir pour réduire le fardeau des envenimations par morsures de serpent dans le monde.